Depuis l’été dernier, des signes inquiétants de dégradation de la situation sociale étaient palpables. Ainsi le crédit municipal de Paris, relevait 20 % d’augmentation des prêts sur gages. Depuis la crise a éclaté. Elle est d’une ampleur inédite. Jeunes, personnes âgées, familles monoparentales, de plus en plus de personnes fragilisées font appel aux services sociaux ou aux organisations humanitaires.

L’heure est au système D, à la débrouille. Signe des temps, des supermarchés créent la vente des denrées périssables proches de la date limite de péremption.

Dans le 18e arrondissement de Paris, c’est désormais plus d’un millier de personnes qui se retrouvent chaque week-end à proximité des puces de St Ouen, porte de Montmartre, pour vendre par terre des objets récupérés, de la nourriture. En 10 mois, leur nombre a été multiplié par 7. Ventes de denrées alimentaires périmées, économie parallèle, frictions entre communauté, la situation est devenue si dramatique que la population du quartier - la plus populaire de la capitale - crie son désarroi et demande que le phénomène soit endigué.

La mairie du 18° agit au quotidien pour trouver un débouché à la demande d’organisation d’un marché réglementé dit « des biffins ». La mairie de Paris a déjà relogé une quinzaine de biffins qui demeuraient depuis des années dans un campement près du périphérique et le maire de Paris s’est engagé à formaliser un petit marché. Reste que ces efforts seront vains si rien n’est fait pour aider nombre de personnes qui aujourd’hui vivent dans la misère et le dénouement et sont obligés de vivre d’expédients faute de revenus suffisants. En effet et malgré la crise, la France maintient ses minima sociaux très largement en deçà de seuil de pauvreté européen. Pour une personne seule, on est considéré comme pauvre avec 681€ en France contre 817€ au niveau européen.

Aussi, sur proposition de Gérald Briant, Ian Brossat et Magali Chastagner, élus communistes du 18ème, le Conseil d’arrondissement du 18ème demande au Maire de Paris d’intervenir auprès du Préfet de Paris pour demander que les minima sociaux soient relevés au niveau du seuil de pauvreté européen