Donc désormais, pour une partie conséquente de la gauche anti-libérale, l’heure est à la décroissance. « Faut arrêter les nouvelles recherches en matière d’énergie nucléaire, c’est inutile et dangereux » : je résume ici l’inénarrable conférence de presse STOP - EPR du 3 mars dernier sur une péniche parisienne qui a vu intervenir une brochette de candidats à la présidentielle José Bové, Olivier Besancenot, Dominique Voynet rejoints pour l’occasion par la très bourgeoise Corinne Lepage. Drôle d’équipage…

Et dites donc, ca ne partirait pas en sucette tout ça ?

Question : en pleine future pénurie de pétrole (fin des réserves dans 30 ans), en plein réchauffement climatique de la planète dénoncé à juste titre par les militants écologiques, peut-on raisonnablement se passer du nucléaire ? D’une énergie qui ne participe pas du réchauffement de la planète ? Ce qui me fatigue avec ces zélotes de la décroissance car il faut cesser de se cacher derrière son petit doigt ; c’est bien de décroissance dont il s’agit dans cette lutte anti-EPR. Décider de se priver de l’énergie au plus fort potentielle et qui ne contribue pas au réchauffement climatique, cela signifie que c’est à la croissance de tout l’appareil productif que l’on veut s’attaquer et qu’il faut par conséquent assumer une logique de décroissance.

Donc désormais, il faudrait décroître. Et pourquoi aujourd’hui plus qu’hier ou plus qu’avant hier. La civilisation contemporaine aurait-elle vécue son apogée qu’il faudrait désormais rentrer dans une logique d’autolimitation des capacités humaines ? Non mais ça va bien! Je crois que l’on mélange tout : le progrès et l’utilisation du progrès. Un livre de Jean Ziegler datant de 2005 (1) montre que la population est capable aujourd’hui de nourrir 12 milliards d’êtres humains. Ce qui est en cause c’est le capitalisme mondialisé qui enrichit une toute petite partie de l’humanité au détriment de l’immense autre partie, celle qu’on exploite cyniquement.

Ne confondons pas l’outil et son utilisation, à force cela évite de désigner les vrais coupables.


(1) Jean Ziegler, rapporteur auprès de l'ONU pour les questions de ressources alimentaires a publié aux Editions Fayard l'Empire de la Honte.